Le Palo Santo en danger ? Comprendre les enjeux de sa préservation au Pérou
Le Palo Santo, également appelé « bois sacré », est bien plus qu’un simple bois aromatique. Originaire d’Amérique du Sud, notamment du Pérou et de l’Équateur, il est apprécié pour son parfum boisé et légèrement citronné, ainsi que pour les traditions spirituelles et les rituels de fumigation auxquels il est associé. Mais derrière ce petit bâton de bois se cache une réalité bien plus complexe. Le Palo Santo provient d’un arbre qui pousse naturellement dans les forêts sèches d’Amérique du Sud, des écosystèmes fragiles dont l’équilibre dépend de nombreuses espèces végétales et animales. Avec la popularité grandissante du Palo Santo dans le monde, une question essentielle se pose : le Palo Santo est-il en danger ?

La réponse est oui, dans certaines régions, et notamment au Pérou, où l’espèce Bursera graveolens bénéficie d’un statut de protection particulièrement élevé. Mais cela ne signifie pas que toute utilisation ou commercialisation du Palo Santo soit nécessairement incompatible avec sa préservation.
Tout dépend de son origine, des conditions de récolte, du respect de la réglementation et de la traçabilité du bois. Chez Veegreen, nous avons souhaité comprendre ces enjeux directement à leur source. Nous sommes donc partis dans le nord du Pérou, dans la région de Piura, à la rencontre des communautés qui connaissent et travaillent le Palo Santo depuis des générations.
Ce voyage nous a permis de découvrir son environnement naturel, les différentes étapes de sa transformation et les réalités humaines qui se cachent derrière cette matière.
Voir notre reportage au Pérou
L’environnement naturel du Palo Santo : les forêts sèches d’Amérique du Sud
Le Palo Santo, dont le nom botanique est Bursera graveolens, pousse naturellement dans différentes régions d’Amérique du Sud. Au Pérou, on le retrouve notamment dans les forêts tropicales sèches du nord du pays. Contrairement à l’image que l’on se fait parfois d’une forêt tropicale, cet environnement ne ressemble pas à une jungle dense et humide.
Les paysages sont souvent arides, avec des sols secs, des reliefs rocailleux et une végétation adaptée à de longues périodes sans pluie. Lors de notre voyage dans la région de Piura, nous avons découvert ces paysages particuliers, où les arbres doivent composer avec des conditions climatiques parfois difficiles.

Un arbre adapté à un écosystème fragile
Le Palo Santo fait partie des espèces capables de se développer dans cet environnement. Comme les autres arbres de la forêt sèche, il participe au fonctionnement d’un écosystème dans lequel chaque élément possède son importance. Les arbres contribuent notamment à la protection des sols et offrent des ressources ou des habitats à différentes espèces animales. La préservation du Palo Santo ne concerne donc pas uniquement la disponibilité de son bois aromatique.
Protéger le Palo Santo, c’est également protéger les forêts sèches dans lesquelles il pousse et la biodiversité qui les accompagne.
Pourquoi le temps est-il si important pour le Palo Santo ?
Le Palo Santo est une ressource naturelle dont la production dépend de cycles biologiques qui ne peuvent pas être accélérés à volonté. L’arbre doit d’abord grandir et se développer dans son environnement. Dans les filières péruviennes autorisées, le bois destiné à l’exploitation provient d’arbres morts naturellement, de branches tombées et de résidus ligneux dont la récupération est encadrée. Les professionnels locaux accordent une attention particulière à l’état du bois et à ses caractéristiques aromatiques. Son parfum naturel est notamment lié aux composés aromatiques présents dans la matière.

C’est pourquoi le Palo Santo ne peut pas être considéré comme une simple matière première industrielle, disponible sans limites. Son exploitation dépend directement de la disponibilité de la ressource dans son environnement naturel.
Le Palo Santo est-il réellement une espèce en danger ?

C’est une question qui suscite de nombreuses interrogations. On peut parfois lire que le Palo Santo n’est pas menacé, tandis que d’autres sources affirment qu’il serait proche de la disparition. La réalité nécessite de distinguer les espèces, les territoires et les classifications utilisées.
Au Pérou, le Palo Santo est classé « en danger critique »
Au Pérou, Bursera graveolens figure dans la catégorie « En danger critique » de la classification nationale des espèces de flore sauvage menacées. Le SERFOR, l’autorité forestière nationale péruvienne, rappelle cette classification dans ses communications. Ce statut est important : il traduit la volonté de protéger l’espèce sur le territoire péruvien et d’encadrer son exploitation. Il ne faut toutefois pas confondre une classification nationale avec une évaluation mondiale. Le statut d’une espèce peut être différent selon l’échelle géographique considérée.
Pourquoi le Palo Santo est-il menacé ?
Plusieurs facteurs peuvent fragiliser les populations naturelles de Palo Santo. L’un des principaux problèmes identifiés au Pérou est l’exploitation illégale du bois. Lorsque des arbres sont abattus sans autorisation ou que du bois est extrait et commercialisé en dehors des règles établies, la pression exercée sur les populations naturelles augmente.
La dégradation des forêts sèches constitue également un enjeu important. Les modifications de l’utilisation des terres, la disparition d’habitats naturels et les difficultés de régénération peuvent fragiliser les écosystèmes dans lesquels pousse le Palo Santo. La demande internationale ajoute une dimension supplémentaire à cette problématique. Plus le bois devient recherché, plus il est nécessaire de contrôler son origine et les conditions dans lesquelles il est récupéré.
Le véritable enjeu n’est donc pas uniquement la popularité du Palo Santo, mais la manière dont cette demande est satisfaite.
L’exploitation illégale du Palo Santo existe toujours
Les contrôles réalisés par les autorités péruviennes montrent que ce problème n’appartient pas seulement au passé. En mai 2024, le SERFOR a notamment annoncé la saisie de 1 970 kilogrammes de Palo Santo d’origine illégale. Ces opérations montrent aussi que des moyens existent pour identifier et combattre les filières illégales. Elles rappellent pourquoi la traçabilité du bois est essentielle : un Palo Santo vendu sur le marché international ne devrait pas seulement être présenté comme naturel ou authentique, son origine légale doit pouvoir être justifiée.
Pourquoi l’achat éthique de Palo Santo est-il essentiel ?
Face à ces enjeux, le choix d’un Palo Santo issu d’une filière responsable prend tout son sens. Mais que signifie réellement acheter un Palo Santo éthique ? Il ne suffit pas que le bois provienne du Pérou ou qu’il possède un parfum agréable. Il faut également s’intéresser à son mode de récolte, à son parcours et aux personnes qui participent à sa transformation.
Privilégier le bois mort naturellement
Au Pérou, la réglementation applicable à l’exploitation autorisée de Bursera graveolens repose sur la récupération de bois provenant d’arbres morts ou tombés naturellement, ainsi que de branches et de résidus ligneux autorisés.
L’abattage d’arbres vivants pour exploiter leur bois n’entre pas dans ce cadre.
Cette distinction est fondamentale. La récupération encadrée de bois mort permet de valoriser une ressource existante sans nécessiter l’abattage d’arbres vivants pour répondre à la demande commerciale. Cela ne signifie pas pour autant que tout prélèvement de bois mort soit automatiquement sans conséquence sur l’environnement. Dans une forêt, le bois mort participe également aux cycles naturels de la matière organique et peut servir d’habitat à différentes espèces. C’est pourquoi les quantités récupérées et les zones d’exploitation doivent être encadrées.
Respecter les cycles naturels de la forêt
Une exploitation responsable doit tenir compte de la capacité de l’écosystème à maintenir ses populations d’arbres. La quantité de bois disponible ne peut pas être déterminée uniquement en fonction de la demande commerciale. Elle doit être évaluée à partir de la ressource réellement présente et des règles de gestion applicables. Cette approche est essentielle pour éviter qu’une activité économique ne repose sur une pression excessive exercée sur les forêts.
Préserver le Palo Santo, c’est aussi soutenir les communautés locales
Le Palo Santo possède également une dimension humaine importante. Dans le nord du Pérou, sa récupération et sa transformation peuvent représenter une activité économique pour les communautés qui travaillent cette ressource. Derrière chaque bâton se trouvent plusieurs étapes : l’identification du bois, sa récupération, sa sélection, son transport, sa découpe, son façonnage, son séchage et son conditionnement. Ces opérations nécessitent du temps, de l’expérience et une connaissance particulière de la matière. Lors de notre voyage dans la région de Piura, nous avons rencontré des personnes qui participent à ce travail depuis de nombreuses années. Nous avons ainsi découvert que le Palo Santo n’est pas seulement un produit destiné à l’exportation.
C’est aussi une ressource liée à un territoire, à des activités locales et à des savoir-faire transmis au fil du temps.
Il faut néanmoins rester précis : toute commercialisation de Palo Santo ne bénéficie pas automatiquement aux communautés locales. La répartition de la valeur économique, les conditions de travail et les relations commerciales sont également des éléments importants d’une filière responsable.
Veegreen : comprendre l’origine de notre Palo Santo directement au Pérou
Chez Veegreen, nous pensons qu’un produit naturel prend une autre dimension lorsque l’on connaît son origine. C’est cette conviction qui nous a conduits à voyager jusqu’au nord du Pérou. Notre objectif était de découvrir l’environnement naturel du Palo Santo, mais aussi de comprendre les différentes étapes qui permettent de transformer cette matière en bâtonnets aromatiques.
Notre voyage dans la région de Piura
Sur place, nous avons découvert les forêts sèches dans lesquelles pousse Bursera graveolens. Nous avons également rencontré une communauté spécialisée dans le travail du Palo Santo. Cette expérience nous a permis de mieux comprendre les connaissances nécessaires à l’identification et à la sélection du bois. Nous avons ensuite suivi différentes étapes de sa transformation. Le bois récupéré doit être trié, préparé, découpé et façonné avant de devenir le stick que nous connaissons. Ce travail demande une attention particulière à la qualité de la matière et à ses caractéristiques.
De l’arbre au stick : un travail humain souvent méconnu
Lorsqu’on tient un bâton de Palo Santo entre les mains, il est difficile d’imaginer toutes les étapes qui ont précédé sa commercialisation. Pourtant, chacune d’elles joue un rôle. La connaissance de la forêt permet d’identifier la ressource. La sélection du bois contribue à déterminer les morceaux adaptés à sa transformation. La découpe et le façonnage permettent ensuite d’obtenir des bâtonnets utilisables. Cette succession d’opérations montre que le Palo Santo ne se résume pas à une matière première prélevée dans la nature. Il est également le résultat d’un travail humain.
Pourquoi la traçabilité est-elle au cœur de notre démarche ?
Notre voyage au Pérou s’inscrit dans une volonté de mieux comprendre la provenance des matières premières que nous proposons. Chez Veegreen, nous accordons une attention particulière à l’origine de notre Palo Santo et aux conditions dans lesquelles il est préparé. Nous souhaitons privilégier une relation directe avec les acteurs de la filière et une meilleure compréhension des pratiques locales. Cette démarche ne dispense évidemment pas du respect des obligations réglementaires. Elle doit au contraire s’accompagner d’une attention portée aux documents permettant de justifier la provenance légale du bois.
Pour nous, connaître l’origine d’une matière est une première étape indispensable pour construire une relation d’approvisionnement plus transparente.
Le SERFOR : quel est son rôle dans la protection du Palo Santo ?
Lorsqu’on s’intéresse à la réglementation du Palo Santo au Pérou, un organisme revient régulièrement : le SERFOR.
Le SERFOR, ou Servicio Nacional Forestal y de Fauna Silvestre, est le Service national des forêts et de la faune sauvage du Pérou. Cette autorité publique intervient dans l’encadrement de la gestion des ressources forestières et de la faune sauvage. Son rôle est particulièrement important pour une espèce protégée comme Bursera graveolens.
Une exploitation encadrée par la réglementation péruvienne
Le Palo Santo ne peut pas être récolté et commercialisé librement sans tenir compte des règles applicables. Au Pérou, son exploitation légale repose sur des autorisations et des documents permettant d’encadrer la récupération et la circulation du bois. La réglementation vise notamment à lutter contre l’abattage illégal d’arbres vivants et à limiter les prélèvements non autorisés. Les plans de gestion et les contrôles permettent de mieux suivre les quantités de bois exploitées.
Reforestation et restauration : préparer aussi l’avenir du Palo Santo
La protection du Palo Santo ne repose pas uniquement sur les contrôles. Au Pérou, le SERFOR participe également à des démarches de restauration des écosystèmes forestiers et accompagne des initiatives destinées à favoriser la régénération et la plantation d’espèces forestières dans les territoires concernés. Pour le Palo Santo, cette vision de long terme est particulièrement importante : protéger les arbres présents aujourd’hui doit aller de pair avec la restauration des forêts sèches et le renouvellement de la ressource pour les générations futures. Ces démarches ont également une dimension humaine. Préserver durablement le Palo Santo permet de maintenir autour de cette ressource une activité locale et des savoir-faire spécialisés. Les communautés qui connaissent la forêt, récupèrent le bois autorisé et participent à sa transformation sont ainsi directement concernées par la pérennité de l’espèce.
Une protection qui permet de regarder vers l’avenir
Le classement du Palo Santo parmi les espèces menacées ne signifie donc pas que son avenir est condamné. Il permet au contraire d’attirer l’attention sur sa valeur et de renforcer les mesures destinées à le protéger.
Encadrement de la récolte, lutte contre les filières illégales, suivi de la ressource, restauration des forêts et implication des communautés locales : ces différentes actions poursuivent un même objectif, permettre au Palo Santo de continuer à pousser dans son environnement naturel tout en maintenant les savoir-faire et les activités qui lui sont liés.
Le Palo Santo est donc une ressource à protéger avec attention, mais aussi une ressource autour de laquelle des acteurs locaux et institutionnels travaillent pour construire un avenir durable.
Des contrôles et des méthodes qui continuent d’évoluer
En novembre 2025, le SERFOR a annoncé des travaux dans la région de Piura afin d’améliorer la méthode de calcul des quantités de Palo Santo récupérées. L’objectif était notamment de mieux relier le volume des arbres morts, des branches et des résidus ligneux à leur poids réel. Ces travaux visent à renforcer le suivi des quantités exploitées et à lutter contre l’extraction illégale. Ils montrent surtout que la gestion du Palo Santo continue d’évoluer : connaissances scientifiques, réglementation, restauration des écosystèmes, contrôles et expérience des communautés locales peuvent avancer ensemble.
Comment reconnaître un Palo Santo éthique et responsable ?
Il n’est pas toujours facile de connaître l’origine exacte d’un morceau de Palo Santo lorsqu’on l’achète. Certains éléments peuvent néanmoins aider à évaluer la transparence d’un vendeur.
Vérifier l’espèce botanique
Le nom « Palo Santo » peut désigner différentes matières aromatiques selon les pays et les contextes. Pour le Palo Santo traditionnellement commercialisé sous forme de sticks au Pérou, le nom botanique à rechercher est Bursera graveolens.
Connaître le pays et la région d’origine
La mention « origine Amérique du Sud » reste relativement vague. Un vendeur transparent devrait pouvoir communiquer le pays d’origine de son bois et, lorsque cette information est disponible, sa région de provenance. Dans le cas du Palo Santo péruvien, Piura joue un rôle important dans la filière.
S’informer sur les conditions de récolte
Il est pertinent de demander si le bois provient d’arbres morts naturellement et s’il a été récupéré dans le cadre d’une exploitation autorisée. Cette information est plus utile qu’une simple mention « naturel » sur un emballage.
Rechercher des informations sur la traçabilité
Un fournisseur sérieux doit pouvoir expliquer les grandes étapes de son approvisionnement. Les documents réglementaires appropriés constituent un élément important pour justifier la provenance légale du bois.
Ne pas se fier uniquement à l’apparence
La couleur, l’odeur et l’aspect du bois peuvent varier selon les caractéristiques naturelles de la matière. La transparence sur son origine et son approvisionnement reste un indicateur beaucoup plus pertinent.
S’intéresser aux personnes qui travaillent le bois
Qui récupère le bois ? Qui le transforme ? Quelles relations existent entre les différents acteurs de la filière ? Ces questions permettent d’aller au-delà des arguments marketing pour mieux comprendre la réalité du produit.
Préserver le Palo Santo : un équilibre entre protection de la forêt et activité locale
La question de la préservation du Palo Santo ne peut pas se résumer à une opposition entre commerce et protection de la nature. Dans certaines régions du Pérou, le bois représente également une ressource économique pour les communautés locales. Une filière légale et correctement encadrée peut contribuer à valoriser les savoir-faire et à générer des revenus. Cet équilibre suppose de respecter les règles d’exploitation, de contrôler les quantités prélevées, de lutter contre les circuits illégaux et de préserver les habitats naturels. Les démarches de restauration et de renouvellement de la ressource apportent ici une perspective essentielle : l’objectif n’est pas seulement de gérer le Palo Santo disponible aujourd’hui, mais également de favoriser la présence de l’espèce dans les forêts de demain.
Préserver le Palo Santo, c’est protéger un arbre, mais aussi un territoire, des savoir-faire et une activité qui peut continuer à se transmettre de génération en génération.
En conclusion : le Palo Santo est-il en danger ?
Oui, Bursera graveolens est classé « en danger critique » au Pérou. Mais ce constat ne doit pas conduire à penser que l’avenir du Palo Santo est nécessairement sombre.
Ce statut permet justement de reconnaître la fragilité de la ressource et de renforcer son encadrement. Au Pérou, la récupération légale du bois mort, les contrôles contre l’exploitation illégale, l’amélioration de la traçabilité, les démarches de restauration des forêts et l’implication des communautés locales constituent autant de leviers pour préserver l’espèce.
Le défi consiste donc à trouver un équilibre : protéger suffisamment le Palo Santo pour permettre à l’espèce et à son environnement de perdurer, tout en permettant aux communautés spécialisées de continuer à valoriser leurs connaissances et leur travail dans un cadre responsable.
Chez Veegreen, notre voyage dans la région de Piura nous a permis de découvrir cette réalité au plus près du terrain. Nous avons rencontré des personnes qui connaissent le Palo Santo, son environnement et les gestes nécessaires à sa transformation.
Cette expérience a renforcé notre conviction : pour apprécier pleinement une matière naturelle, il faut aussi comprendre d’où elle vient, comment elle est protégée et qui contribue à faire vivre son histoire.
Le Palo Santo est une ressource précieuse qui mérite notre attention, mais son histoire est aussi celle d’une mobilisation pour sa préservation. Entre protection des forêts, restauration, réglementation et savoir-faire locaux, tout l’enjeu est désormais de permettre à ce bois emblématique de continuer à traverser les générations.

